• Karine Duda-Jouan

Oser les vacances pour retrouver ses racines et changer ses feuilles…

Les vacances arrivent… et parfois il est difficile voire douloureux de rompre avec le quotidien.

Aujourd’hui, partir sans son ordinateur portable ou sa tablette, sans son téléphone, est inconcevable. En effet, couper le lien, décrocher relève de plus en plus de la mission impossible.

Ce constat touche non seulement 93% des cadres (1) et dirigeants qui ne peuvent plus vivre sans se connecter durant leurs congés, mais aussi plus largement tout le Monde (petits et grands).

Ce phénomène ne fait que s’amplifier car nous vivons dans un monde hyper connecté.

Mais attention, vacances et déconnexion sont vitales pour notre équilibre.


Le mot « vacances » vient du latin “vacans”, participe passé du verbe “vacare” qui a pour sens : être libre, inoccupé, oisif


Depuis l’antiquité, le travail est une obligation profondément ancrée dans notre culture. En effet, il est bien connu que « l’oisiveté est mère de tous les vices ». Cette maxime souligne bien la vertu du travail, qui éloignerait la pratique des vices. Effectivement, celui qui est oisif développera tous les vices, tandis que l’adonné au travail n’a pas à redouter leur influence. Comme il faut à l’esprit un aliment, celui qui n’est pas occupé par des pensées sérieuses ne peut l’être que par de mauvaises pensées.


Et puis, cela fait moins de 100 ans que nos ancêtres se sont battus pour avoir des vacances. En effet, les premiers congés payés, d’une durée alors de deux semaines par an, sont apparus pendant l'été 1936, après la victoire électorale du Front populaire.

Partir en vacances n’a pas toujours été une évidence. Il a en réalité fallu attendre les années 1950 pour que les ouvriers, qui représentaient alors un tiers de la population française, quittent leur cadre quotidien et se lancent dans les grandes transhumances estivales, grâce notamment au développement des transports et à l’essor des clubs de vacances. Ces classes populaires qui, au XIXe siècle, s’étaient vu imposer des journées de 12 heures, sans repos dominical "se demandaient ce qu’elles allaient bien pouvoir faire de ce temps libre (2)." On a même rapporté le cas d’ouvriers venus vérifier qu’on ne les avait pas remplacés durant leurs congés !


Pour toutes ces raisons, la période des vacances est encore ancrée au fond de nos esprits comme une faute morale, ou comme une largesse accordée au milieu d’une vie qui n’a de sens que par le travail.

Aussi, pour éviter le sentiment de culpabilité, pour atténuer les pensées de manquer à son devoir, toutes les stratégies sont bonnes pour remplir le vide créé par la sensation de l’oisiveté.

Certains vont alors enchaîner les activités culturelles ou sportives. D’autres vont organiser leurs vacances comme de véritables expéditions : tout est planifié, organisé, chronométré.

Ainsi l’on crée le mouvement, l’action qui empêche de penser. Se surcharger, alors que nous sommes censés nous reposer, donne l’illusion de vivre de “vacances utiles” ou, comble de l’oxymore, de “vacances rentables”(3).

Certains encore, sous prétexte de partager leurs moments de "relâche" , photographient et filment à tout va pour diffuser, se mettre en scène, donner l’apparence, l’illusion d’être zen et d’en profiter…


Il est important de prendre de la hauteur, de garder la conscience de ce que l’on fait et pourquoi on le fait….

N’oubliez pas Vacances riment aussi avec pleine présence (à soi, à l’autre, à l’environnement).


Références

(1) Étude Les cadres français sont ultra connectés, Roambi et Zebas Smart data, 2013.

(2) L’historien André Rauch, auteur du livre Vacances en France de 1830 à nos jours

(3) Sabine PERNET « Entreprise, Lâcher-prise, Stress ».


Quelques pistes :

  • Partir de chez soi et voyager n’est pas une nécessité. Certaines personnes en ont besoin, d’autres sont tellement bien dans leur environnement qu’elles n’éprouvent pas le besoin de changer. Ne pas se laisser influencer par le marketing et la publicité.

  • Se désintoxiquer du numérique.

  • N’utiliser le téléphone que pour les nécessités.

  • Ralentir, renouer avec la douce lenteur de vivre, la farniente.

  • Se ressourcer au contact de la nature.

  • Renouer avec son corps, le chouchouter, rentrer en profonde amitié avec lui.

  • Bouger et se faire plaisir (marche,jardinage, natation, danse, reprise ou découverte d’un sport en douceur…).

  • Pratiquer des activités relaxantes (méditation, sophrologie, lecture, massage, coloriage…).

  • Dormir et retrouver son rythme (oser les micro-siestes).

  • Manger sain et équilibré (fréquenter les marchés d’été, savourer les repas avant et pendant…).

  • Etre en présence dans la relation (écouter vraiment avec les oreilles et aussi le cœur).

  • Retrouver son cœur d’enfant (jouer avec ses enfants, son chien, rire, se câliner…).

  • Savourer l’instant présent (découvrir ainsi un espace de liberté pour vivre plus librement, plus simplement).

  • Se réserver des petits moments de solitude pour respirer, souffler profondément.

0 vue

​© 2020 Karine Duda-Jouan, Sophrologue à Cesson-Sévigné et Rennes