• Karine Duda-Jouan

A la recherche de la juste posture

Alors que cette rentrée se fait entre masques et brouillard, pour nous tous, j'ai à cœur de continuer à cheminer avec vous et de partager ces quelques pistes de réflexions et d'actions qui balisent mon quotidien...


Albert Jacquard (1997) : « Ceux qui prétendent détenir la vérité sont ceux qui ont abandonné la poursuite du chemin vers elle. La vérité ne se possède pas, elle se cherche. »


Après avoir vécu un état de sidération, de stupeur en lien avec cette situation inédite et déstabilisante, nous continuons à vivre dans un climat d’insécurité rendu encore plus incompréhensible par tous les messages paradoxaux que nous recevons.

Notre mental n’aime pas, aussi pour se protéger et peut-être ne pas devenir fou, il met en place des protections spontanées, des mécanismes de défenses psychologiques comme par exemple : le déni, la banalisation, l’évitement, l’hyper-engagement…

Ces mécanismes inconscients peuvent être protecteurs et/ou destructeurs.


Quelques exemples :

Déni négatif : on ne se protège pas du tout du virus car on n’y croit pas, on se met en risques ainsi que les autres personnes.

Déni positif : on ne pense pas en permanence au virus dès que l’on sort ou lorsque l’on va faire les courses, on vit...

Évitement négatif : on se met en retrait psychique ou social, on ne sort plus de chez soi.

Évitement positif : on ne fréquente pas les lieux à risques. On se protège des informations traumatisantes qui passent en boucle.

Attention à la banalisation (rendre en apparence normal ce qui n’est pas ordinaire) ou à la dramatisation (voir les choses pire qu’elles ne sont).

Attention à l’hyper-engagement qui a pour fonction de faire oublier la difficulté en devenant hyperactif. Ce mécanisme de défense, qui permet peut-être de contrer l’impuissance et empêche de penser, risque de tourner à l’épuisement avec tout le cortège physique et psychologique d’effets secondaires délétères.


Tous les mécanismes de défense sont des réactions inconscientes, mais il faut justement en prendre conscience pour que cela ne nuise pas. Il est donc important de mettre le cerveau sur "pause" régulièrement pour observer notre comportement. Ce temps de répit est précieux car il permet de laisser venir une nouvelle façon de s’adapter, au plus juste.

Peut-être pouvons-nous nous imprégner de la philosophie stoïcienne, et comme ces philosophes, voir le monde tel qu’il est, et essayer de l’améliorer en s’inspirant de leurs 4 vertus cardinales, qui sont :

> la sagesse qui nous ouvre à la capacité de naviguer dans des situations complexes de façon logique, informée et calme.

> la tempérance qui nous apprend la maîtrise de soi et la modération dans tous les aspects de la vie;

> la juste posture qui nous aide à cheminer avec les autres dans le respect, la dignité et l’équité en toutes circonstances;

>le courage de trouver la sérénité de ne pas se laisser aller à la peur non seulement dans des circonstances extraordinaires, mais face à tous les défis quotidiens.

Comme nous enseigne Épictète : « il y a des choses qui dépendent de nous et il y a des choses qui n’en dépendent pas ».

En effet, que nous le voulions ou non, le contexte actuel, ce virus qui est devenu pandémique, ne dépend pas de nous.

Ce qui dépend de nous c’est de prendre encore plus soin de nous, et des autres en cultivant le respect et la bienveillance.

Quelques propositions... :

Faire attention aux réseaux sociaux, aux médias… : déversoir de nos peurs tout autant que de nos amusements. Dans la panique ambiante, on partage et on rediffuse sans cesse, un flux d’informations continu qui nous écrase et nous empêche de penser, de prendre du recul. Il est important d’apprendre à s’en servir de façon mesurée et judicieuse et à ne pas en devenir esclave.

Apprendre à se ressourcer et à se détendre en retrouvant ce que l’on aime et en prenant vraiment du temps pour soi.

Devenir acteur de sa santé en se faisant du bien pour booster le système immunitaire, bastion de défense contre les virus.

  • Respirer sans masque dès que cela est possible.

  • S’oxygéner dans la nature.

  • Faire tous les jours de la marche.

  • Trouver un sport, une activité qui nous ressource.

  • Manger équilibré.

  • Boire suffisamment d’eau.

  • Dormir selon nos besoins.

  • Fréquenter des personnes qui font du bien.

  • Rire.

  • Etre sérieux mais ne jamais se prendre au sérieux.

Voir le positif de la situation :

-Les réflexes de solidarité spontanés qui se sont mis en place (des personnes font les courses pour leurs voisins âgés ; on dit bonjour à son voisin…)

-L’émergence de la prise de conscience que nous pouvons vivre avec moins de matériel futile (la sobriété heureuse).

-Se dire que cela ne durera pas toute la vie, c’est une période à vivre au mieux.

-Avoir l’opportunité de sortir de sa zone de confort (qui n’est pas nécessairement confortable, mais qui signifie que l’on se limite à un mode de fonctionnement conditionné) pour nous ouvrir à la nouveauté.

-Cultiver le précieux lien social avec les gestes suffisants et judicieux.

-Réapprendre à se regarder dans les yeux, miroirs de l’âme.

Apprendre à se connaitre

Profiter de cette période instable pour travailler sur soi (nos peurs, nos freins..) avec l’aide de techniques comme la sophrologie, la méditation, un psychologue…

Prendre de la hauteur

Imaginez votre personne, puis reculez pour vous voir d’en haut, puis votre pays, puis la planète, puis le système solaire, puis la voie lactée et enfin l’ensemble du cosmos. Cet exercice nous aide à nous rappeler que tout est une question de perspective. Ce qui nous arrive est un grain de sable à l’échelle de l’univers.

Etre empathique

Mieux on est en soi, plus on fait preuve d’empathie qui est différent de la sympathie. En effet dans l’empathie on accueille les sentiments, les ressentis et les pensées d’autrui de façon inconditionnelle, en faisant une réelle distinction entre soi et l’autre. L’autre personne se sent alors comprise et reconnue entièrement dans son humanité et dans sa différence, ce qui permet ensuite le dialogue. Dans la sympathie, nous adhérons tellement aux émotions de l’autre qu’il devient comme notre reflet dans un miroir. Il est alors impossible de prendre de la hauteur pour pouvoir aider l’autre à devenir acteur de sa juste posture.

Concrètement, lorsque l’on prend contact avec les autres, il est important de hiérarchiser les informations. Avant de s’interroger sur le fonctionnel, il est important de se soucier des émotions. Demander à la personne comment elle se sent avant de lui demander ce qu’elle pense.

Je vous souhaite de vous faire du bien,

de prendre soin de vous en trouvant une juste posture

et ainsi de prendre aussi soin des autres

tout au long de la traversée de ce mystérieux voyage.

​© 2020 Karine Duda-Jouan, Sophrologue à Cesson-Sévigné et Rennes